Lettre ouverte à … mon père, mon Amoureux, mes tantes…

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Chers vous,

Peut-être n’est-ce pas la meilleure option que de vous mettre tous dans le même sac. C’est vrai, vous ne pensez simplement pas tous la même chose, vous vous opposez même parfois sur certains points. Ce qui est sûr, c’est que vous me respectez tous, pleinement. Mais les autres ?

Effectivement, je suis née sous le sexe féminin. Je suis une fille, complètement, physiquement. En revanche, je ne suis pas faible, à protéger, inférieure, moins respectable. Personne ne naît inférieure, et donc moi non plus. Et donc les autres femmes non plus. Pourtant, c’est ce qu’on entend beaucoup.

Papa, je sais que tu aimes tes enfants du plus profond de ton cœur. Je sais que tout ce que tu fais, tu le fais pour nous protéger. Mais papa dis-moi pourquoi tu n’agis pas de la même façon avec mon frère et avec moi. Dis-moi pourquoi j’ai du me battre si souvent avec toi pour que tu acceptes la possibilité que ta fille soit amoureuse, que ta fille grandisse, et que ta fille -oh mon dieu- couche. Pourquoi, quand mon frère vivait déjà avec sa copine à 19 ans, il a fallu que j’attende 2 ans pour ne serait-ce que dormir avec l’Amoureux. Tes raisons je les connais, en vérité. Une fille ça peut tomber enceinte, une fille on peut profiter d’elle plus facilement, et surtout ta fille sera toujours ton bébé. Et puis surtout « c’est pas à toi que je ne fais pas confiance, c’est aux mecs ». Mais Papa tu sais, j’ai toute ma tête. je suis capable de dire non, et de mettre des coups de poings. Je savais ce que je voulais à ce moment là, j’avais confiance en moi et confiance en lui, l’Amoureux. Jamais je n’ai agi dans un sens qui aurait pu te décevoir, jamais je n’ai pris de risque inutile, et pourtant toujours il faut me protéger plus que les autres. Il faut que je fasse toujours plus attention, à ce que je fais, ce que je dis, comment je suis. Mais Papa, aujourd’hui je suis une grande personne, il va falloir t’y faire.
Papa tu sais, parfois tu brises tous mes espoirs de voir le féminisme accepté un jour. Parce que toi Papa, avec ton l’Amour que tu me portes, tu oses me dire « Tu sors comme ça? ». Alors que soyons très clair, je me balade pas à poil dans la rue. Je suis quand même plus pudique que bien des gens, alors épargne moi ça. Et quand bien même, si j’avais envie d’être habillée très court, qui a le droit de m’en empêcher? Ou quand tu me vois à Noel cette année pour la première fois avec du rouge à lèvre (Attention, à 21 ans c’est quand même un peu olé olé), et que tu me dis « Enlève ça, ça fait vraiment… ». Ça fait vraiment quoi ? Pute ? Chaudasse ? ET ALORS ? En plus Papa, tu sais très bien que je suis assez intelligente, et que si j’aime le rouge à lèvre c’est pour moi, pas pour épater la galerie, pas pour draguer à tout bout de champ, parce que papa tu sais très bien comment je suis : un peu timide et puis déjà Amoureuse. Et encore une fois, Papa, quand bien même ? Si je veux mettre du rouge pour me sentir sexy, pour qu’on me voit, j’en ai le droit. Si je le fais de façon réfléchie, j’a le droit. Si je le fais de mon propre chef, j’ai le droit.
Papa s’il te plait, arrête de croire que tu dois me protéger de tout, partout. Que je sois moche comme un cul ou toute bien apprêtée, je me ferais de toute façon emmerdée, alors autant que je me plaise à moi-même d’abord. Et puis tu sais Papa, il y a plein de femmes inspirantes qui m’apprennent que je peux me battre, que je dois me battre et que je serais insoumise. Alors merci Papa, mais ce n’est pas en me rappelant chaque fête que c’est quand même un peu osé tout ça que je vais me sentir plus forte. Papa, si tu veux me protéger, aide-moi, accompagne  moi dans mon combat contre les abrutis qui veulent me faire croire que je suis inférieure.

L’Amoureux, je sais que mon rouge  lèvre tu t’en fous, que la seule chose qui te gêne la dedans c’est que ça laisse des traces sur tes propres lèvres. Je sais que tu t’en fous si je porte une robe plus courte que le niveau de décence (la cheville quoi), ça te plait bien même. En fait je sais que tant que moi je ne me sens pas gênée dans mes fringues, tu ne me feras pas me sentir gênée dans mes fringues. Par contre l’Amoureux,pourquoi tu crois que « c’est bon on a compris le message des féministes », alors que visiblement, bah non ? Si y’a encore des gens qui pensent que les féministes sont contre les hommes, c’est bien qu’on a pas compris le message, non ? Pourquoi tu me lâche des « tu regardes encore des vidéos là dessus », un peu saoulé ? Je le fais, mon Amour, parce que ces femmes me donnent du courage pour être moi-même une femme, et que j’ai besoin d’entendre plein de points de vue pour me fabriquer le mien. Et puis comment te répondre, quand tu me dis « oh ça va, les hommes on en parle pas autant ». Mais tu saurais, mon Amour, que les féministes que je soutiens sont les féministes qui soutiennent les hommes aussi, justement. Ce sont celles qui se battent pour qu’on soit tous, vraiment, au même niveau, qu’une femme n’ait pas à se sentir coupable de porter une jolie jupe qu’elle adore, et qu’un homme n’ait pas peur de pleurer parce que « c’est un bonhomme ». Mon combat tu sais, il va durer aussi longtemps que je serais moi, donc il a falloir t’y faire. Et il va falloir que je prenne tellement le temps de t’expliquer pourquoi tu devrais t’y mettre aussi.Pourquoi c’est aussi bon pour toi que pour moi. Je sais que tu ne veux pas que je sois rabaissée parce que je suis une femme, je sais que tu ne veux pas que je sois payée moins que toi parce que ton égo s’en fout complètement, je sais que tu me respectes complètement. Mais si je n’avais qu’une chose à te demander, ce serait de venir te battre avec moi. Pour ta fille plus tard, pour toi, pour les autres hommes et femmes, pour qu’on soit toutes et tous égaux. C’est franchement pas de la tarte, c’est clair, mais hey ! c’est ça l’aventure !

Mes tantes, je sais que cette cousine est bizarre, que c’est difficile pour vous de penser qu’elle mérite le respect, parce que c’est une psycho, et puis qu’en plus elle couchait déjà avec n’importe qui à 14 ans. Mais ça c’était il y a bien longtemps, et encore une fois, chacun fait ce qu’il veut de son corps. Surement qu’à cet age ce n’était pas la décision la plus réfléchie qu’elle ait prise, mais la lyncher dans son dos ne pouvait pas faire changer les choses. Et puis maintenant qu’elle est adulte, femme, respectons-la. Cette cousine, si elle a porté plainte pur harcèlement au travail, c’est qu’il y avait un problème. Et oui, je suis aussi convaincue qu’être à longueur de journée remise en question parce que tu es une femme, c’est du harcèlement. Entendre toute la journée « ça va, tu vas pas te casser un ongle? », moi aussi ça m’aurait fait péter un câble. Parce que non de dieu, encore une fois, arrêter avec ces idées de merde! Etre une femme ce n’est pas, et ne devrait jamais être, être un fardeau dans la société! Si elle travaille ici, c’est qu’elle en est capable, peut-être même qu’elle en avait vraiment envie, et donc non, ça va aller pour ses ongles, merci. Une fois c’est drôle, répété tous les jours c’est pesant, à force c’est rabaissant, et au final c’est du putain de harcèlement, oui. Est-ce-qu’on se permet nous, de leur dire à ses collègues, « ça va, ton cerveau va supporter de réfléchir 20sec? », dès qu’il doit faire une tâche ? Non. Alors stop les conneries sexistes comme ça. Mes tantes, s’il-vous-plait, respectez les femmes qui vous entourent. On a besoin de se soutenir pour gagner ce combat, merde. Ça vous concerne aussi, vous n’avez pas envie, vous non plus, d’être traitée différemment. Ou peut-être que si, peut-être que votre conditions vous convient. Mais ne gâchez pas le combat des autres avec vos positions. Je refuse d’être traitée comme une écervelée parce que je suis une femme, et c’est bien son droit aussi.

Mes Chers, ensemble on ira plus loin. Ecoutez mes réclamations, respectez chacun comme vous me respectez moi, et surtout, n’essayez pas de me protéger simplement parce que je suis une fille. Je suis encore plus que ça, et j’ai besoin de vous pour sentir que ça vaut le coup, que je ne serais pas toute ma vie enfermée dans un schéma qui me cloue au sol.

Sam

Salut! Oui j’ai abandonné ce blog pendant 6 mois, mais je reviens maintenant et j’espère que ça sera pour un petit moment. Nous verrons bien ensemble!
Bon en plus je reviens pour me plaindre, donc lira qui voudra.

Aujourd’hui j’ai envie de parler de moi (haha tiens donc) et surtout de mon choix de ne pas boire (d’alcool) et de ne pas fumer (tout ce qui se fume). Enfin surtout je veux parler de la bêtise des gens qui imaginent que j’ai raté ma jeunesse, parce que oui, il y en a, et pas mal en plus!

Au lycée, le problème ne se posait pas, je faisais seulement très rarement des soirées, et quand j’en faisais c’était avec des amis, qui de fait savent que je ne bois pas. Je ne suis pas ultra fetarde à la base (enfin disons que e ne suis pas fetarde comme on l’attend des jeunes…), et on avait jamais de soirée organisée avec plein de monde, ou tout du moins je n’y était pas invité (et c’est parfait comme ça). Du coup jusqu’au lycée je vivais ma vie sans alcool comme un poisson dans l’eau, pas dérangée. A la limite, la seule occasion où je devais refuser, c’était à Noel quand tout le monde boit du champagne. Voilà, pas dérangée donc.

Et puis un jour je suis arrivée dans le supérieur. Les choses n’ont pas changé de mon coté, toujours pas fêtarde et toujours pas buveuse. Je ne demandais rien à personne. Mais dans le supérieur, dans mon école tout du moins, des soirées sont organisées. J’y vais de temps en temps parce qu’on est entre amis, et c’est sympa tout de même. C’est toujours pas trop trop mon délire mais je rigole bien avec ma bande quand même! A la toute première soirée à laquelle j’ai participé, je me suis pris un mur. Gentiment. L’histoire c’est que j’ai commandé un coca (je ne bois toujours pas, tu suis ?), et le mec m’a demandé si j’étais Sam. Effectivement, s’aurait pu être une possibilité, sauf que je n’ai pas de voiture. Donc non, je ne suis pas Sam. Il m’a simplement répondu « Non mais t’es sérieuse, à quoi ça sert putain? » ou quelque chose comme ça. En tout cas sur un ton assez agressif pour que je comprenne « va te faire foutre avec ton coca de merde, t’as pas ta place ici ». Moi aussi je te fais des bisous mec!
A la dernière soirée de l’école, les choses ont été un peu différente, mais le message, bien que plus posé, était le même. J’ai demandé un coca (encore). Le mec a mis 5mn à le trouver ce coca, vraiment 5min sans rire, étonné visiblement de cette demande vraiment incongrue. Non mais un coca, sérieusement ? A une soirée BDE ? Vraiment j’abuse hein!
Un autre exemple pour confirmer la règle! L’Amoureux non plus ne boit pas. Oui, on s’est bien trouvé, c’est clair. Enfin là n’est pas la question. Le fait est que l’Amoureux aime le foot, et qu’il a été voir un match avec des amis dans un bar. Il y a commandé un Ice Tea parce qu’il est plus Ice Tea que Coca, voilà. Le charmant serveur, en lui amenant, lui a bien fait comprendre que franchement ça craint avec un « Et voilà le menu Happy Meal ». Voilà, encore un commentaire de bon petit connard. C’est fou quand même d’être constamment jugé pour les choix qu’on fait, d’autant plus quand c’st un choix parfaitement réfléchi et logique (coucou je veux me souvenir de mes soirées et ne pas mourir  d’un cancer des poumons que j’aurais moi-même provoqué).
Un dernier exemple et après j’arrête, je pense que vous avez compris le message! Mes amis m’ont fait faire un test un peu débile sur internet, et puis bon, j’étais curieuse je voulais voir ce qu’il me dirait! J’ai pas été déçu. En gros c’était une série de questions, et à la fin tu sais si t’es plutôt nympho, alcoolique ou drogué. Tout moi quoi! Bon évidemment, pure comme je suis j’étais aucun des trois. Ce que le test en a déduit ? « Commence à vivre au lieu de survivre ». Encore une fois, les gens pensent que sans alcool et sans fumer on s’emmerde profondément tout le temps, que notre vie c’est de la merde, et qu’on a 40 ans avant l’heure. Et bien, surprise! C’est pas ça du tout. Ce choix que j’ai fait, je l’ai fait pour de bonnes raisons, et je l’assume complètement.

C’est d’ailleurs devenu un jeu avec mes amis,  à me regarder avec de grands yeux quand je touche une bouteille, ou  me proposer en riant de goûter un verre. La différence entre mes amis et ces connards qui jugent sans savoir, c’est le respect. Parce que mes amis, décidément, respectent profondément mon choix. Beaucoup m’ont dit qu’ils me trouvaient très fortes de faire ça, par exemple. Pour moi ce n’est pas spécialement une force, c’est juste une conviction et ce sont pas 3 guignols qui vont me faire changer d’avis. Mais quand même, c’est hyper important de voir que ça peut être accepté. Je pense que tout simplement on s’habitue à être avec moi, haha! Du coup si tu as fait le même choix, bah tout simplement dis « va te faire foutre » à ceux qui comprennent pas, parce que même sans boire on peut s’amuser, et puis au moins tu peux raconter à tes potes bourrés les conneries qu’ils ont racontés et ça c’est quand même vachement drôle! 😉

Voilà, je suis une Sam, si y’a besoin !

 

Des bisous à vous